Paris en toute lettres


AVEC LA LIGUE D’IMPROVISATION FRANÇAISE

Répondant à leur mission de communication et de valorisation de leurs fonds, les Archives nationales, Institution garante de la mémoire collective, entendent  animer le quartier du Marais où elles sont installées depuis plus de deux siècles et où elles jouent un rôle important, grâce à leur implantation et à leur action pédagogique et culturelle

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En s’appuyant sur plusieurs documents témoins de la vie des Parisiens à travers les âges, 6  comédiens de la Ligue d’Improvisation Française se proposent de réinventer, dans la cour de l’hôtel de Soubise, la mémoire et l’avenir de Paris à travers ses rues, ses habitants, leurs histoires et leurs langages. Il ne s’agit pas tant d’improviser des situations réalistes et linéaires racontant tel ou tel événement que de créer des échanges verbaux et des jeux de langages entre les comédiens. Ainsi sont revisités des textes aux styles et codes langagiers différents tels que le procès verbal de question et d’exécution de Cartouche, l’ordre de paiement à Jean Racine et Nicolas Boileau, le dossier de carrière d’un préfet de police, la naturalisation de Gustave Eiffel, la pétition des habitants du quartier du Marais à l’Empereur Napoléon 1er … Les comédiens, munis de différents porte-voix (mégaphone, cône, micro et ampli…) joueraient à « faire sonner » Racine, Prévert et les expression d’aujourd’hui, à confronter le réel, l’historique et l’imaginaire et à réinventer en plein air et devant les Parisiens, la mémoire et l’avenir de leur ville.

 

 

LA PRESSE EN PARLE

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Une lettre de menace à l’horloger de la place Dauphine, un ordre

de paiement de Louis XIV à Jean Racine, une pétition des habitants du Marais, ou bien encore la correspondance enflammée de Napoléon à Joséphine… Les Archives nationales ont ressorti les « gros dossiers », hier, lors d’un spectacle d’improvisation dans la cour d’honneur de l’hôtel de Soubise (3e). L’événement s’inscrivait dans le festival Paris en toutes lettres, qui s’achève aujourd’hui (lire encadré). Perchés sur des girafes – nom donné aux escabeaux des archivistes -, six comédiens ont rejoué, en les actualisant, des scènes tirées des textes témoins de la vie des Parisiens. Lesquels étaient distribués au public. « La difficulté, c’est d’improviser en respectant au mieux le langage de l’époque », explique un artiste.

« Les archives, c’est l’institution garante de la mémoire collective. Elles permettent de retrouver sans cesse beaucoup de choses », assure-t-on aux Archives nationales. Comme cette requête de Gustave Eiffel, qui adresse une lettre datée du 30 octobre 1878 à un ministre de l’époque pour changer son nom original de Bonickhausen. L’architecte parisien explique alors que la consonance allemande « inspire des doutes sur [sa] nationalité française », ce qui est de nature à lui « causer commercialement le plus grand préjudice ». Dans le public, des amoureux du théâtre en plein air, mais aussi des familles venues avec leurs enfants. « Même s’il ne comprend pas tout, ça l’éveille au jeu théâtral et au spectacle », explique Corinne, maman du petit Enzo. La difficulté pour les comédiens, qui font partie de la Ligue d’improvisation française de Paris, était de réagir rapidement et de comprendre vite. « Le vide crée l’urgence. C’est bien de ne rien savoir avant. Au moins, on ne peut pas dire qu’on s’est trompé sur une virgule », conclut un comédien.

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